Paul Lordon, journaliste Eaubonnais

Paul Lordon

Paul LORDON (nom complet Armand Louis Paul LORDON) naît à Rouen le 12 novembre 1854, fils de Joseph Auguste Lordon et de Henriette Amélie Levasseur . Son père (né à Bayonne en 1818) est venu s’installer comme négociant à Rouen, 10 quai du Havre. Sa mère, elle, était originaire de Rouen, où son père était lui aussi négociant en épices, 13 Bd Cauchois.

En 1878 nous le retrouvons à Paris où il débute une carrière de journaliste, romancier et de dramaturge qui durera plus de cinquante-six ans.

Il rejoint l"Hydropathe", un club littéraire parisien, fondé par le poète et romancier Émile Goudeau, et collabore à la « Revue Moderne et Naturaliste ». 



Portrait de Paul Lordon par Fernand Desmoulin, paru dans « Le Monde Illustré » du 17 novembre 1888 alors qu’il collaborait à L’Écho de Paris. 

Journaliste depuis 1878, collabore successivement:

  • au Citoyen de Paris,
  • à l'Evènement,
  • à l'Estafette,
  • à Voltaire,
  • à l'Echo de Paris (chef de service des informations et échos pendant 10 ans, critique dramatique)
  • à Gil Blas (chef du service du grand reportage), et pour finir
  • au "Petit-Journal" rue Lafayette, où il est rédacteur politique depuis 1894 jusqu'à (au moins) 1917, parfois sous le pseudonyme de "Diablotin" (1888) ou "Paul Duparc" (en 1893)

Secrétaire Général des Folies-Dramatiques en 1897, Secrétaire du Théâtre de la Porte Saint-Martin. Il était responsable du courrier des théâtres aux Annales du théâtre et de la musique

Ami d'Alphonse Allais, de Léon Bloy.

Lordon à Eaubonne

En août 1906, nous le retrouvons comme publiciste agricole à Valmondois, où il est l’auteur de nombreux articles et publications sur l’agriculture, la chasse et la pêche.

C’est vers 1910 qu’il vient s’installer à Eaubonne au 26 rue de la Gare (rue du Général-Leclerc aujourd’hui) avec celle qui deviendra son épouse deux ans plus tard, l’actrice dramaturgique Jeanne Isabelle RINGARD(1). Le couple se marie à Paris en 1912(2) Début 1914 Paul est dispensé du service militaire comme fils aîné de veuve.

Le 10 août 1914 le Ministère de l’Intérieur décore Paul LORDON de la Légion d’Honneur(3) pour « 36 ans de collaboration distinguée dans la presse »

De 1910 à 1917 il habite une maison au numéro 26 rue de la Gare (actuellement rue du Général-Leclerc), à l'angle de la future avenue de l'Architecte Ledoux (tracée en 1926), à Eaubonne. Son voisin deux maisons plus loin vers la gare était l'écrivain et journaliste Michel ZÉVACO. Peu probable que les deux confrères ne se connaissent pas. Au dos de leurs terrains, le parc du Petit-Château, hébergeant l'Institution des Enfants Arriérés, pas encore loti à l'époque

En 1926 nous retrouvons Paul et son épouse toujours à Eaubonne, mais au 145 chaussée Jules-César, belle maison meulière qu’ils habiterons ensemble jusqu’au décès de Jeanne en 1928(4). Veuf, Paul vit avec Berthe Ernestine Jacquet (que nous retrouvons dans le recensement d’Eaubonne de 1931 désignée comme sa « dame de compagnie ».

Très malade fin 1933, Paul et Berthe décident de se marier, le 4 novembre, soit quatre mois avant son décès. Il a 78 ans, elle 52. Exceptionnellement le mariage civil est célébré dans leur maison de la chaussée Jules-César, Paul étant trop souffrant pour se transporter à la Mairie. L’acte précise que, pendant la cérémonie, les portes de la maison sont restées ouvertes « afin de célébrer publiquement ledit mariage »(5)

Parallèlement avec sa carrière de journaliste, Paul LORDON poursuit une activité de romancier et de dramaturge. Il est l’auteur notamment de :

  • Le tueur de filles (Petit Parisien)
  • Jean le Blonde (Petit Parisien)
  • Le garçon coiffeur (La Lanterne)
  • La Bru (Paris)
  • Les millions du père Bornage (Le Gaulois)
  • Une existence (La Patrie)
  • Les mines d'or de Seine-et-Oise (La Presse)
  • Le sang brûlé - pièce en 5 actes (Ambigu)
  • L'Ikoa - pièce en 3 actes (Folies Dramatiques)
  • Les Apaches de Paris - (Château d'Eau)

On lui doit aussi quelques pièces de théâtre sur des musiques, souvent, de Lucien Poujade, telle La Guerre des femmes, une comédie lyrique en trois actes et cinq tableaux tirée du roman du même nom d'Alexandre Dumas

Et il est membre de l'association des journalistes parlementaires, de la critique dramatique, du Comité des Auteurs, Officier du Mérite Agricole, etc.

Lordon décède dans sa maison d’Eaubonne le 25 mars 1934.

Notes

1)  Née le 9 février 1860 à Amiens

2)  Le 23 octobre 1912, à la Mairie du 15ème Arrondissement

3)  Base Léonore, Dossier : 19800035/0257/34182

4)  Acte de décès, État-Civil d’Eaubonne, 1928 numéro 150

4) Née le 14 janvier 1881 dans le village lorrain de Vergaville

5)  État Civil d’Eaubonne, acte de mariage numéro 53.

145 chaussée Jules-César Eaubonne

La maison de Lordon et son épouse, chaussée Jules-César à Eaubonne